La b i t c h e r i e // emere ac cogitare

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  • JOUR 4: Montreux - Niederwald

    Cette 3ème journée sur la route, nous la redoutons un peu.
    Même si nous sommes tous relativement frais et en forme au moment du départ, l'étape n'est pas simple: 150 kilomètres et 1300 de D+, "c'est plutôt tranquille" nous direz vous.
    Oui mais non, parce qu'une bonne partie de la distance se compose de lignes droites interminables sur des routes très fréquentées et pas vraiment jolies, et parce que le D+ est pour la toute fin. Une montée d'environ 15 kilomètres (après en avoir 130 dans les pattes donc) qui regroupe quasiment 1000m de D+.

    Peu importe, nous partons la fleur au fusil, sans se trop se soucier de la journée qui nous attend.

    Au début, les routes sont plutôt sympas, au milieu des montagnes et le long d'un charmant cours d'eau. Nous tombons par hasard sur le siège de l'UCI, photo rapide obligée. Nous nous disons que pour un athlète, le cadre est assez idyllique pour s'entrainer. De l'air frais, des montagnes tout autour, bref le pied.

    Puis, les fameuses longues lignes droites font leur apparition. Nous traversons petit à petit la vallée, menés par @Addrianoe nous avoisinons les 30 de moyenne afin d'essayer de passer cette phase aussi vite que possible.

    Une fois à Sion, nous décidons de faire une grosse pause déjeuner. Au menu: pain foccacia, viande de grison et fromage. La pause fait du bien et nous permet de faire une réelle coupure au milieu de cette journée assez longue. La foccacia est conséquente et pas facile à finir, le srab @Paraclete a du mal à en venir à bout et témoigne "C'est l'enfer mon srab".

    Nous croisons d'ailleurs dans la vallée, un nombre important de Subaru, Mistubishi et autres véhicules japonisant au possible, ce qui nous donne le sourire plus d'une fois.

    Notre grand gaillard, @exs75 n'a jamais été aussi content de poser son cul sur le parking d'un Lidl.

    @Addrianoe en profite même pour se racheter de la cire pour sa douce chevelure "putain je suis enfin moi-même, ça fait plaisir" se susurre t'il discrètement à l'oreille.

    Nous reprenons la route le ventre plein, et enchainons des kilomètres pas franchement passionnants. Puis, la brisure commence à gagner le srab Sournois qui se plaint d'une douleur au genou depuis la veille. Soucieux de vouloir faire la journée du lendemain qui s'annonce grandiose (montée du Furkapass), il se raisonne à monter dans le CCC. Une fois sa paire de Vans au pied, il se goinfre à l'avant du camion pendant que nous continuons notre pèlerinage rectiligne.

    Les kilomètres passent et les montagnes se rapprochent.
    Un dernier petit service course pour régler un léger craquement (cette fois-ci cela ne venait pas de mon vélo, promis), et nous attaquons enfin la montée.

    Nous en profitons pour prendre l'aspi' de 2 VTTistes GT qui montaient à bon rythme, mais pas suffisant pour impressionner nos wagons de tête.

    Peu de photos de la suite de la montée car nous étions tous concentrés dans nos efforts respectifs. Entre 45 minutes et 1h15 de montée, chacun à son rythme. Des pentes entre 6 et 14%, avec une moyenne autour de 8% si mes souvenirs sont bons.
    A dire vraie, le pourcentage nous importe peu. Nous nous concentrons sur l'objectif: arriver en haut le plus rapidement possible, virage après virage, épingle après épingle. Dans ces moments, chaque intersection, chaque bout de montée est un succès qui donne de l'énergie pour avancer.

    Une fois tous en haut, nous arrivons à Niederwald et quelle satisfaction ! Le village se situe à 20km du départ de la montée du Furkapass (ce qui explique d'ailleurs ce choix d'étape), au milieu des alpages, la vue y est magnifique et le gîte y est très bon.

    Nous suivons désormais une sorte de routine: petite douche, grande bière, gros dîner.
    Un programme simple mais efficace, qui remplit les coeurs de joie et les panses de vivres, les photos parlent d'elles mêmes.

    S'en suivra un dîner conséquent à coups de plats de pâtes, d'entrecôtes/frites et de desserts qu'on ne sait toujours pas nommer.

    La 4ème journée de roulage s'annonce plus violente que celle passée, nous nous couchons (comme tous les soirs) tôt et sommes à nouveau très impatients d'attaquer le col du Furkapass.

  • Très bon tout ça ! Ça donne du corps aux trop courtes story Insta !

  • Ça bute ! Les photos sont vraiment chouettes et la diction des plus alléchante. Ce recap'de qualitay n'en est que plus croustillant ! Vivement la suite les boyz...

  • Plaisir à lire !

  • De la bombe ce récit ! @Addrianoe en vrai t'es le Nicky Larson du cyclimse !

  • JOUR 5: Niederwald - Dalpes

    La 4ème journée de roulage a été tellement violente qu'il m'a fallu un bon mois de récupération pour être capable d'en compter le cours.

    Après une bonne nuit à Niederwald, nous avalons un copieux petit-déjeuner leadé par le srab @leSournois qui a un coup de fourchette plus puissant que les relances de @Paraclete, c'est dire. Comme d'habitude, c'est uniquement après avoir mis un sacré taquet dans le buffet que nous décidons de lever le camp.

    La journée s'annonce radieuse. Il fait beau même si la température reste fraîche, nous sommes sur le départ sur les coups de 9h. Profil de la journée: 73km pour 1400 de D+.
    Aujourd'hui, beaucoup de montagne, nous décidons donc de bien vérifier nos vélos avant de commencer l'étape.
    Et quelle surprise (enfin, était-ce vraiment une surprise ?) lorsque nous inspectons les MadFiber du srab @Paraclete, le bougre avait à peine collé ses boyaux pour grapiller quelques grammes !! Stratégie payante ? Son dentiste n'aurait pas parié là-dessus étant donné le profil de la route du jour, avec des freinages qui s'annoncent plus qu'appuyés. Le CCC nous fournit une petite paire de bas profil, et le vélo est prêt à repartir dans des conditions de sécurité acceptables. Les MadFiber attendront sagement leur sort, RIP le tuning.

    La grosse difficulté du jour est de grimper le Furkapass, ou col de la Furka. Niederwald, notre ville étape, est à 1250m d'altitude et le haut du col à 2429m, soit environ 1200m de D+ répartis sur une trentaine de kilomètres, autant vous dire que ça va piquer.

    Les premiers kilomètres sont vallonés mais pas trop, parfait pour nous mettre en jambe. Les paysages sont splendides, nous sommes au milieu de la vallée et devinons peu à peu le sommet qui nous attend. Tout le groupe a le sourire et est prêt à en découdre.

    Quelques étirements et nous attaquons les premiers gros pourcentages.

    Chacun trouve son rythme, la montée risque de durer donc rien ne sert de se précipiter. La fusée @Addrianoe part en tête avec Valentin, je suis quelques minutes derrières, puis @Paraclete et @exs75 et ainsi de suite.
    Le début de la route annonce la couleur: c'est long, c'est raide, c'est dur.

    Tout se passe bien même si l'ascension est dure. Sur la partie finale de la montée, les derniers lacets sont balayés par un fort vent de face dans un sens et qui nous pousse dans l'autre, pas facile de garder son rythme, sur certaines portions les pignons augmentent et la vitesse chute, mais chacun arrive au fur et à mesure en haut. C'est dur mais c'est le pied, chacun prend un plaisir immense dans ces côtes. Chaque virage passé est une victoire, chaque coup de pédale nous rapproche du célèbre hôtel du Belvedere qui apparaît peu à peu sous nos yeux.

    Nous arrivons tous à l'hôtel du Belvedere (presque le sommet du col), le temps de faire une petite pause sucrée dans le CCC, de prendre quelques clichés, de se rhabiller pour la descente et de poser un petit stickers dans les règles de l'art. Le moral est au beau fixe, nous sommes impatients de descendre mais nous allons vite déchanter, vous comprendrez bien assez tôt pourquoi.

    Nous grimpons rapidement les derniers mètres, cherchons un peu notre route (vous sentez la saucisse venir ?) et nous élançons dans la descente à tout berzingue. Les genoux frottent le sol, les pignons tombent dans les lignes droites, les cassettes sifflent, les voitures se rabattent, c'est GT à souhait.

    Nous arrivons en bas, nous nous regroupons et faisons un topo de la route, et la voilà la saucisse.
    La map nous indiquait 27 kilomètres restants une fois en bas, mais en fait, ba fallait pas descendre. Hop le gps se met à jour, nous passons de 27 kilomètres à 51 kilomètres, avec le col du Saint Gothard à avaler pour rejoindre Dalpe. C'est la douche froide, nous nous sommes tous bien donnés sur le Furkapass mais nous sommes dos au mur. Nous essayons de relativiser et c'est reparti pour 700 mètres de D+ sur 11 kilomètres. Les premiers coups de pédales sont vraiment durs, le vent s'est levé et est cette fois-ci complètement de face, sans ajouter que la température baisse sévèrement.

    Nous souffrons un peu sur cette seconde difficulté mais à nouveau, chacun arrive en haut à son rythme. Seul se srab @Paraclete n'a plus de jus sur les derniers mètres, la faute aux relances dans les côtes à 13% sans doute. Heureusement le CCC n'est pas loin, et cela permettra de prendre de beaux clichés par la suite. Nous ne nous éternisons pas en haut car il fait vraiment froid. Un rapide sandwich pour prendre quelques forces avant la descente et c'est parti. Cette fois-ci nous vérifions bien la route en haut, pas fou la bête.

    La descente est juste incroyable, nous ne regrettons pas la montée. La route est très large, absolument déserte, et les panoramas toujours à couper le souffle. @leSournois rejoint la team du CCC avant la descente car il préfère ne pas pousser sur ses douleurs de la veille, sa montée était belle, et puis dans la dite descente le bitume n'est pas tout lisse tout le temps, il ne faudrait pas empirer son voile (et oui, on ne l'a pas oublié lui).

    Sur la seconde partie de la descente, plusieurs sections pavés nous mettent à l'épreuve ainsi que les vélos. Malgré la fatigue nous restons concentrés pour éviter une mauvaise chute, mais le rythme de croisière reste bien soutenu, le C40, c'est du costaud qu'on se dit. @RichChigga a droit à un shooting perso, mains dans les drops et chub en l'air.

    Dernière pause, dernière vérification de la map et nous repartons pour les quelques kilomètres restants qui nous séparent de Dalpe.

    Sur une ultime relance, je déclipse violemment à gauche: mes cales sont complètement rincées, presque autant que nous. Je m'efforce de ne pas me bicher sur les derniers mètres, et le @leSournois me susurre qu'il a une paire de 0° dans son sac, je frissonne.

    Nous arrivons enfin à Dalpe. Immonde boisson de récupération, étirements, installation et nous nous jetons sur un plat de pâtes préparé à la hâte par le cuisiner de l'auberge, mis sous pression par le chauffeur du CCC qui avait une sérieuse faim.

    Après ce petit casse-croûte bien mérité, @exs75 attaque le service course sur les MadFiber. Puis repos jusqu'au diner, petite bière, diner, dodo.

    Certainement la plus grosse et la plus dure journée, surtout avec l'étape de la veille. Cependant, c'est avec le sourire et une bonne fatigue que nous rejoignons les bras de Morphée.

  • Mega bien !

  • Je lis ca au matin avec un petit café, ca fait une bonne lecture, et de jolies photos ! Très sympas le reportage et très sympas de pouvoir lire ces récaps du voyage :)

  • J'aurais bien aimé voir vos tronches en bas de la descente quand vous avez réalisé qu'il fallait se reprendre un autre col ^^

    Superbe récit, merci c'est régaleux
    Et superbes photos aussi, ça rend pas mal l'ambiance

    Les cols avec des lacets pavés j'ai jamais fait, ça doit être bien velu, autant à monter qu'à descendre !

  • Une fois de plus, un lourd recap tout à fait qualitatif ! <3

  • Les photos toujours au top !

  • Allô ?

  • 😍

  • JOUR 6: Dalpes - Lenno

    (Et oui, c'est la petite surprise du lundi matin avec ton café à la main, en faisant semblant de bosser derrière ton noridnateur.)

    Comme chaque matin, nous faisons honneur au petit-déjeuner de l'hôtel, c'est à dire qu'on éclate allègrement le buffet.
    Une fois la routine eating/packing/procrastinating/rempliing­ le camion faite, nous prenons la route avec le sourire, l'étape du jour est plutôt tranquille, environ 100 kilomètres et 950 de D+.

    Il a plu pendant la nuit et nous sommes bien content de commencer la journée sans intempérie. La route est humide et l'atmosphère est lourd, les décors sont magnifiques avec une ambiance à la Godzilla. @exs75 qui se plaint d'une douleur au tendon préfère commencer la journée dans le CCC pour ne pas forcer.

    La route est agréable, tout le monde avance bien et nous arrivons petit à petit à la plus grosse difficulté du jour, une bonne bosse de quelques kilomètres mais après l'étape de la veille, nous l'abordons avec sérénité.
    Certains se permettent même des petites attaques srabesques pour essayer de casser @Paraclete dans son rythme, mais c'est peine perdue.

    Chacun franchit la bosse à son rythme et nous nous attendons au sommet pour une rapide pause. Un petit coup de flotte, une réparation hâtive du CCC et nous voilà repartis, la frontière italienne se rapproche.

    Effectivement, ça sent de plus en plus l'Italie, et le comportement des automobilistes nous le confirme. Adieu la courtoisie Suisse, ici quand ça passe pas ba ça passe quand même. Les entrées des ronds points sont des pistes d'élan et c'est à celui qui arrivera le plus rapidement sur le dit rond point. Evidemment, nous ça ne nous plait pas trop, et Valentin finit par se faire serrer par un camion qui le fait chuter, sans même s'arrêter, cela va de soi. Plus de peur que de mal, le bonhomme s'en sort avec une méchante pizza et le vélo n'a rien, NOSNIB comme au premier jour.
    Notre directeur sportif a.k.a. @exs75 sort du CCC clope au bec, cautérise le bazar et zou nous voilà repartis.

    Une petite photo bonus de @RichChigga qui s'hydrate.

    Nous passons une deuxième grosse bosse sans difficulté, et bientôt apparaît le lac de Lugano, les paysages sont, comme d'habitude, époustouflants.

    Nous arrivons finalement à Lenno, en face du lac de Côme. Après une rapide installation dans nos chambres, nous attaquons un bon plat de pâtes et une gelateria, le tout avalé plus vite qu'il ne faut de temps pour le dire.

    Nous nous reposons un peu puis nous allons prendre la classique "bière de récupération" au bord du lac. C'est idyllique jusqu'à ce qu'une averse d'une rare intensité nous tombe sur le coin de la gueule. Pas de stress, nous patientons puis rentrons à l'hotel avant de nous diriger vers le restaurant.

    Aucune photo du dîner et du lieu, déniché par @Paraclete, mais quiconque passe à Lenno doit aller s'y restaurer. Un peu en hauteur, ce restaurant s'appelle Al Veluu, à Tremezzo.
    C'est un restaurant assez chère et "chic" (autant vous dire qu'à côté des minettes en talons et robes de soirée, on avait l'air malin en short et traces de bronzage), mais le cadre est magnifique, les mots me manquent pour décrire la vue majestueuse qu'offre ce lieu. La qualité des produits et la carte des vins sont également à couper le souffle.
    Quelques bouteilles plus tard et surtout de splendides côtes de boeuf grillées au feu de bois, pour tout le monde, et nous voilà la panse pleine et le sourire au lèvres, comme chaque soir finalement. Un limoncello bien frappé vient clôturer ce diner d'exception. Le patron est un vrai passionné, va cueillir des herbes à même le jardin, cuit les viandes lui-même à la vue et au nez de tous, et tout dans les assiettes respire le frais et la qualité, c'était magique, un souvenir inoubliable pour toute l'équipe.

    Retour à l'hôtel, petite balade digestive qui se termine en baignade dans le lac de Côme pour le srab @Paraclete qui relance même dans l'eau...

    Bientôt la dernière journée, bientôt la rencontre, bientôt Colnago, nous avons hâte.

  • <3 café à la main, et oui je fais semblant de bosser ! Lecture sympas comme d'hab !

  • Haha, une fois de plus le recap est de qualitay ! Les Ritals ont en effet une conduite qui tranche sêchement avec la dolce vita. Ils ont également une fâcheuse tendance à rouler au milieu de la route en moto... D'ailleurs l'un d'eux s'est allègrement empallé sur le parchoc d'un camion en face de chez moi il y a 15 jours... Hélicoptère et tout le bordel... Paix à son âme...

    Bref, vivement la suite !

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